L’histoire de la Congrégation de Notre-Dame et de sa fondatrice, sainte Marguerite Bourgeois

Il s’agit de la première communauté religieuse de femmes fondée en 1658 à Ville-Marie (aujourd’hui Montréal). Sa fondatrice était Marguerite Bourgeoys. Le caractère unique de la communauté résidait dans le fait que les sœurs étaient autorisées à vivre et à travailler en dehors du monastère. Ce n’était pas une congrégation cloîtrée pour les femmes. Montrealanka.com vous en dit plus sur l’histoire de Notre-Dame et de sa fondatrice, la sainte Marguerite Bourgeoys.

Marguerite Bourgeoys : qui était la fondatrice ?

Elle est née en France, en 1620. À l’âge de 20 ans, lors d’une procession religieuse, Marguerite a ressenti une profonde transformation spirituelle, ce qui l’a poussée à rejeter les futilités du monde. C’est à cette période qu’elle a rencontré M. de Maisonneuve. Elle a accepté d’accompagner la Grande Recrue de 1653, qui visait à renforcer les défenses de Ville-Marie et à protéger sa cinquantaine d’habitants des attaques constantes.

Fait intéressant, lors de la traversée vers le Nouveau Monde, Marguerite est devenue une infirmière, ainsi qu’une confidente et un soutien pour tous, hommes et femmes. Grâce à son arrivée, la population de Montréal a pratiquement triplé.

Marguerite comprenait bien le rôle que les femmes joueraient dans l’avenir du Canada. Elle a donc commencé à ouvrir des ateliers où chaque femme ordinaire pouvait acquérir des compétences lui permettant de gagner sa vie.

Et un autre fait intéressant sur la sainte. Une personne importante qui a influencé son parcours fut Louise de Chomedey, la sœur de Maisonneuve, qui faisait partie de la Congrégation de Notre-Dame à Troyes. Elle était également directrice d’un groupe externe de femmes. C’est elle qui, à l’époque, a proposé la candidature de Marguerite Bourgeoys pour diriger un groupe de jeunes femmes. C’est ainsi qu’elle a commencé à enseigner aux enfants de familles pauvres.

La chapelle – un lieu de pèlerinage

Ce lieu était un véritable rêve. En 1655, Marguerite Bourgeoys a réussi à rallier les habitants pour construire une chapelle. Des retards, une certaine incertitude – autant d’obstacles qu’il a finalement fallu surmonter. Ainsi, en 1675, la première chapelle en pierre de Montréal fut érigée.

Dès 1658, une école a été ouverte où l’on enseignait aux enfants la foi, le calcul, la lecture et l’écriture. Par exemple, on enseignait aux filles plus âgées les bases de l’économie domestique, les préparant à devenir de futures épouses et mères. Pour la fête de la Sainte-Catherine en novembre, tout le monde préparait de la tire, une tradition que l’on enseignait également aux jeunes filles.

Après le succès de l’ouverture de l’école, Marguerite a décidé de retourner en France. Ce fut une période de recherche de consœurs partageant sa vision, qui fut couronnée de succès. Ensemble, elles ont réussi à former le noyau de la Congrégation de Notre-Dame – une communauté de femmes non cloîtrées. Pour l’époque, un mode de vie aussi radical pour des femmes (après l’obtention de l’approbation ecclésiastique) était inouï et impossible. Ce n’est qu’en 1700, deux ans après la mort de Marguerite, que les femmes ont finalement obtenu ce droit.

Hommage à sa mémoire

Elle est devenue une « sainte ». Marguerite Bourgeoys était une pionnière qui a construit des maisons, développé des fermes, ouvert des écoles pour les enfants et pris soin des pauvres. Ni un évêque ni un roi n’ont pu l’arrêter ; personne n’a pu l’empêcher d’accomplir sa mission.

En mai 2005, lors d’une cérémonie émouvante, les sœurs de sa congrégation, ainsi que des citoyens de Montréal, ont transporté ses reliques jusqu’à la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Ils ont traversé les quartiers où elle avait vécu, travaillé et où elle était décédée. L’Église l’a présentée comme un modèle pour les temps modernes. Elle est entrée dans l’histoire comme un exemple de profonde force spirituelle, de courage et de clairvoyance.

Les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame

Elles servent les gens et l’Église, partageant les valeurs spirituelles de Marguerite Bourgeoys. Pendant longtemps, cette congrégation catholique de femmes s’est consacrée à l’éducation des filles et des garçons à tous les niveaux scolaires. Il convient de noter que l’éducation se poursuit bien au-delà des murs de l’école. Les sœurs de la Congrégation se dévouent à leur travail – elles soutiennent tous ceux qui en ont besoin.

Il faut mentionner que jusqu’en 1665, la congrégation ne comptait que Bourgeoys et trois autres sœurs. Le couvent était situé près de l’angle des rues Notre-Dame et Saint-Paul, un lieu bien connu des Montréalais d’aujourd’hui – le Vieux-Montréal. À cette époque, le couvent était un espace privé, isolé de la vie publique de Montréal. Les sœurs y trouvaient protection et recueillement.

Il est également important de parler du moment où les sœurs ont obtenu la possibilité de mener une vie non cloîtrée. La colonie avait besoin d’enseignantes capables de voyager. Bourgeoys et ses sœurs aidaient les enfants entre Québec et Montréal, et même au-delà. Finalement, les évêques de Québec ont accepté que les sœurs puissent voyager et vivre en dehors du couvent. En 1694, les représentantes de la Congrégation ont reçu une nouvelle constitution avec certaines restrictions.

Le Musée Marguerite-Bourgeoys

Au sein de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, le système scolaire comprenait des pensionnats et des écoles de jour. Les agriculteurs et artisans instruits, qui défrichaient les forêts et cultivaient la terre, souhaitaient transmettre les traditions chrétiennes à leurs filles. Le processus a commencé au Canada, mais par la suite, des maisons de la congrégation se sont répandues dans les paroisses anglophones des États-Unis. Fait intéressant, en 1909, le collège Notre-Dame a été ouvert à Montréal.

Il faut en dire plus sur ce qu’il est advenu du bâtiment et des terres que les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame ont gérés pendant plus de 300 ans. En octobre 1662, Maisonneuve a offert un terrain à Marguerite Bourgeoys pour y établir une ferme. L’idée était de créer une exploitation agricole qui nourrirait la Congrégation (la ferme de la Maison Saint-Gabriel). Sur ce terrain, les sœurs cultivaient des légumes et des fruits, avec lesquels elles nourrissaient tous ceux qui en avaient besoin.

Aujourd’hui, le site a été transformé en musée Marguerite-Bourgeoys. Le domaine a été restauré et agrandi. Le musée lui-même abrite près de 15 000 objets uniques, qui permettent de s’imprégner de l’atmosphère des XVIIe et XVIIIe siècles.

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