La vie des Montréalaises pendant la guerre. Les grèves ou comment les femmes se sont battues pour obtenir de meilleures conditions de vie?

La guerre a affecté la vie des femmes canadiennes de différentes manières. Quelle était leur vie sur le front intérieur ? Montrealanka.com vous en dit plus.

Les femmes et le développement économique du pays

L’influence des femmes sur les sphères économique et sociale a été colossale. En raison de la guerre, de la pauvreté et de la pénurie de main-d’œuvre, les Canadiennes ont dû intégrer le marché du travail. Après la guerre, elles ont été licenciées, mais il est vite devenu évident que leur contribution était essentielle.

En 1914, au début de la Première Guerre mondiale, le Canada devait non seulement former une armée, mais aussi fournir aux soldats des munitions, des vêtements, de la nourriture et de l’équipement. Les usines le long du canal de Lachine ont joué un rôle crucial pour le front. Après le début de la guerre, les manufacturiers ont mobilisé leurs ressources en construisant de nouvelles usines. Les travailleurs qui avaient été licenciés à l’été 1914 ont donc été réembauchés. Parmi eux se trouvaient de nombreuses femmes.

C’est ainsi que les femmes ont commencé à intégrer des secteurs traditionnellement masculins. Cela s’est produit en 1917, lorsque les usines métallurgiques et les fabriques de matériel de transport ont ouvert des postes aux femmes. Jusqu’alors, seuls les hommes étaient embauchés pour ces professions physiquement ou techniquement exigeantes.

Par exemple, l’usine Montreal Ammunition, spécialisée dans la production de munitions, a embauché un grand nombre de femmes. Mais ce n’est pas le seul exemple ; des femmes ont également trouvé du travail dans d’autres entreprises : Dominion Bridge, Canadian Car and Foundry, et les ateliers du Grand Tronc. Malheureusement, pour un travail égal à celui des hommes, les femmes étaient payées beaucoup moins, et après la fin de la Première Guerre mondiale, la plupart des ouvrières ont été licenciées.

L’usine Dominion Bridge faisait exception, engageant des femmes pour l’exécution de travaux de précision. Les propriétaires versaient un salaire égal aux hommes et aux femmes pour un travail équivalent.

Une économie en plein essor

Il est également intéressant de noter que, pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale, les femmes canadiennes produisaient des conserves et organisaient des collectes de fonds pour les hôpitaux et les ambulances. À cette époque, il existait des organisations civiques composées de femmes actives et déterminées. On parle de l’Association des jeunes femmes chrétiennes (YWCA), de la Société canadienne de la Croix-Rouge, des Instituts féminins fédérés du Canada et d’autres groupements.

La tendance observée était la suivante : en temps de guerre, le travail des femmes était nécessaire, mais en temps de paix, il était considéré comme superflu.

Des licenciements massifs

Au début du XXe siècle, de nombreuses femmes travaillaient dans les industries du tabac, du vêtement, du textile et du cuir. Quelques travailleuses parvenaient à trouver un emploi dans des usines d’appareils électriques, des imprimeries ou l’industrie chimique.

En 1929, le krach boursier a entraîné des licenciements massifs. Les employeurs ont d’abord licencié les femmes célibataires. Certaines usines de coton et de textile (des secteurs où les femmes dominaient) en ont profité pour remplacer les femmes au salaire minimum par de jeunes garçons payés encore moins. De cette manière, les propriétaires ont réussi à contourner la Loi sur le salaire minimum.

Les femmes ne sont pas restées silencieuses et, en 1932, elles ont demandé au gouvernement du Québec d’intervenir. Ce n’est que deux ans plus tard que le gouvernement a interdit cette pratique. La même année, en 1934, les employeurs ont recommencé à embaucher des femmes, et leur salaire hebdomadaire a commencé à augmenter.

En 1939, le pays était de nouveau en état de guerre, et l’industrie avait besoin de main-d’œuvre. Les femmes de Montréal, quel que soit leur état civil, ont rapidement répondu à l’appel. C’était un défi qu’elles ont relevé avec brio.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, on a commencé à oublier cette contribution, et on incitait de nouveau les femmes à retourner à leurs fourneaux.

Les travailleuses de Montréal

Si l’on devait brosser le portrait de la travailleuse montréalaise de l’époque, ce serait très probablement celui d’une femme jeune et célibataire. Du lundi au samedi, elles travaillaient de longues et dures heures, la plupart vivant chez leurs parents. Elles obtenaient rarement des promotions, et leurs horizons se limitaient au lieu de travail où elles passaient la majeure partie de leur vie.

Malgré un travail ardu et de longues heures, ces travailleuses rapportaient peu d’argent à la maison. Louer un logement séparé était pratiquement impossible ; la seule option pouvait être une chambre dans une pension de famille, mais le loyer était cher. Celles qui osaient franchir le pas devaient économiser sur le strict nécessaire, c’est-à-dire sur la nourriture, et achetaient rarement des vêtements.

Pour enfin quitter le foyer parental, les jeunes femmes décidaient de se marier. Ce n’était pas surprenant, car le salaire des hommes était deux fois plus élevé. Pour les femmes, le mariage était synonyme de démission volontaire.

Les femmes mariées travaillaient également, mais c’étaient souvent la maladie et la pauvreté qui les y contraignaient.

Grèves et lutte pour leurs droits

Toutes les femmes ne pouvaient accepter cette injustice. Par exemple, entre 1919 et 1939, de nombreux mouvements syndicaux ont vu le jour. Les femmes étaient au cœur de presque tous les conflits de travail à Montréal.

Il convient de parler de la grève la plus célèbre, qui est entrée dans l’histoire. Il s’agit de la grève des midinettes de 1937, organisée par l’Union internationale des ouvriers du vêtement pour dames (UIOVD). Le mouvement était mené par Lea Roback et Rose Pesotta. La grève a duré trois semaines, mais elle a porté ses fruits, entraînant une amélioration significative des conditions de travail pour tous les employés de l’industrie textile.

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