L’histoire de cet établissement est riche et fascinante. D’abord premier hôpital de Montréal, le monastère est ensuite devenu une école. Un siècle plus tard, le bâtiment s’est transformé en un musée ouvert à tous, entouré d’un vaste domaine propice aux promenades et aux découvertes. Montrealanka.com vous en dit plus.
Quand l’histoire de l’Hôtel-Dieu a-t-elle commencé ?
En 1642, un petit dispensaire en bois fut construit dans le fort de Ville-Marie. En 1645, le bâtiment était surnommé « la maison de Mademoiselle Mance ». C’était en quelque sorte le cœur de la colonie naissante, autour duquel Montréal a grandi.
En 1651, Jeanne Mance a protégé la population contre les Iroquois. Il a fallu utiliser l’argent destiné à l’Hôtel-Dieu pour recruter de nouveaux colons. Cette décision audacieuse a sauvé la ville.
Dès 1659, elle se rendit en France pour recruter trois sœurs de l’ordre des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph. Elle avait besoin d’aide à l’hôpital. Jeanne Mance est décédée en 1673, mais l’Hôtel-Dieu a poursuivi la mission qu’elle avait initiée, en venant en aide aux nécessiteux et en soignant les malades.

L’indestructible Hôtel-Dieu
Entre 1695 et 1734, l’établissement a brûlé à trois reprises. Les archives écrites et les souvenirs du Montréal de cette époque ont été détruits. À chaque fois, des citoyens dévoués l’ont reconstruit. Fait intéressant, pendant plus de deux cents ans, l’établissement est resté le seul hôpital de Montréal. Même après 1760 (après la Conquête), l’Hôtel-Dieu a poursuivi sa mission. L’hôpital a continué à soigner les malades sous le régime britannique. Chirurgiens francophones et anglophones ont travaillé côte à côte jusqu’à l’ouverture du deuxième hôpital de la ville. Les Montréalais d’aujourd’hui connaissent bien cet établissement, car il s’agit de l’Hôpital général de Montréal, ouvert en 1821.
La construction du nouvel établissement était une étape nécessaire. Les restes de Jeanne Mance ont été exhumés et inhumés dans un autre lieu – dans la crypte sous la chapelle actuelle.

La médecine et l’Hôtel-Dieu
En 1850, l’enseignement de la médecine a débuté dans les murs de l’ancien monastère. Les sœurs ont permis aux étudiants et professeurs de l’École de médecine et de chirurgie de Montréal de fréquenter les salles de l’établissement. En 1901, l’École des infirmières a été fondée ; jusqu’à sa fermeture en 1970, elle a formé plus de 3000 infirmières.
Dès 1953, les sœurs ont ouvert un département de recherches cliniques, sous la direction du docteur Jacques Genest. Ce département a acquis la réputation d’être l’un des meilleurs instituts de recherche de renommée mondiale au Canada.
La générosité des laïcs et des religieuses
C’est ainsi qu’a commencé l’histoire du monastère, puis du premier hôpital de la ville, et la collaboration entre laïcs et religieux se poursuit. Par exemple, dans les années 1960, l’Association des auxiliaires bénévoles, composée de résidents locaux, a été créée. Ils ont aidé à accomplir avec diligence la mission confiée à l’Hôtel-Dieu.
À l’apogée de son développement, l’établissement comptait moins de 750 lits. Après la mise en place du régime d’assurance-hospitalisation, ce nombre a été réduit à 400. Les sœurs sont restées membres du conseil d’administration jusqu’en 1996.

Le Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu
En 1992, Sœur Thérèse Payeur a fondé le seul musée de Montréal qui permet de retracer l’histoire de la fondation de la ville et de son premier hôpital. Le Musée des Hospitalières est situé dans l’un des ensembles conventuels les mieux préservés de la ville. Le complexe a été construit en 1861 par l’architecte Victor Bourgeau. Il comprend de nombreux éléments, par exemple, sur le site on trouve :
- l’ancien monastère ;
- le jardin ;
- trois chapelles ;
- l’hôpital ;
- le musée, situé dans l’ancienne résidence des aumôniers ;
- la crypte.
Grâce au travail du musée, chacun a la possibilité de parcourir quatre siècles d’une histoire montréalaise riche en événements, et d’en apprendre davantage sur les pratiques de soins, la pharmacie et la médecine de l’époque. Peut-être serez-vous également intéressé par les arts sacrés.
Tout au long de l’année, il est possible de participer à des visites guidées du jardin du complexe, du monastère, de la chapelle et de la crypte où reposent les restes de Jeanne Mance. Cette femme est entrée dans l’histoire en tant que fondatrice de l’Hôtel-Dieu et cofondatrice de Montréal.

Les trésors du musée
Les visiteurs peuvent en apprendre davantage sur l’histoire de l’Hôtel-Dieu, y compris sur les trois grands incendies et les reconstructions. En raison de ces événements, certains pavillons de l’hôpital ont dû être reconstruits.
L’élément central du musée demeure l’escalier de La Flèche, qui se trouve dans le vestibule. Il s’agit d’un immense escalier en chêne du XVIIe siècle, qui a été restauré et transporté depuis la France en 1953. Ce geste est un exemple frappant des relations chaleureuses et privilégiées entre la France et Montréal.
La collection d’instruments médicaux impressionnera les visiteurs, offrant un aperçu plus complet des traitements de l’époque. L’hôpital, rappelons-le, avait pour mission de soigner, de rechercher, d’enseigner et d’évaluer.
En parlant de l’histoire et du développement de Montréal, on ne peut ignorer la figure du docteur Hingston. Il fut chirurgien en chef et professeur à l’hôpital, ainsi que maire de Montréal. Les citoyens, et bien d’autres, lui doivent les premières opérations de chirurgie plastique, grâce auxquelles le chirurgien corrigeait des malformations faciales.

Les religieuses
Il convient d’en dire un peu plus sur le rôle des Sœurs. Elles faisaient vœu de servir les pauvres. Parmi leurs tâches figuraient : servir le petit-déjeuner, faire les lits, nettoyer les lavabos et les baignoires, et balayer les immenses salles.
Le musée consacre une exposition distincte aux religieuses. Elles ont depuis longtemps maîtrisé la profession d’infirmière. Les visiteurs peuvent en apprendre davantage sur les étapes du rite de consécration, qui était une partie obligatoire de l’initiation et de l’accueil des nouvelles sœurs.
Voici quelques faits intéressants.
- Chaque maison de la congrégation possédait une poupée habillée comme les sœurs. Cela démontrait à quel point l’habit des religieuses était uniforme.
- Le musée présente une reconstitution du comptoir de la sœur apothicaire, qui s’occupait exclusivement de ses pots, balances, bouteilles et livres. La préparation et le stockage des narcotiques faisaient également partie de ses responsabilités.
- Jusqu’au XIXe siècle, les sœurs étaient souvent responsables des salles d’opération et des laboratoires.
L’établissement a donc traversé une longue histoire, mais tout le monde se souvient de ses débuts. C’était un monastère – le premier hôpital de Montréal, fondé par la Congrégation de Notre-Dame.
Le rôle de l’Hôtel-Dieu dans la société moderne
Le nom « Hôtel-Dieu » rappelle que l’établissement a été initialement fondé en tant qu’institution religieuse. En 1996, l’établissement est devenu l’un des trois hôpitaux de la ville à intégrer le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).
En 2017, le département de l’urgence a été fermé, et les activités de l’établissement en tant qu’hôpital fonctionnel ont cessé. Les activités du plus vieil hôpital de la ville ont été transférées dans les nouvelles installations du CHUM.
Depuis 2020, les locaux de l’Hôtel-Dieu sont utilisés pour tester les résidents de Montréal pour la COVID-19. L’ancien hôpital est devenu l’un des plus grands centres de dépistage. L’hôpital a donc repris du service. Il a été mentionné que l’hôpital pourrait également accueillir des patients pour un isolement temporaire, permettant ainsi de protéger les autres habitants de la ville.
Le musée de l’Hôtel-Dieu est une véritable leçon d’histoire, qui souligne le rôle que les femmes ont joué dans sa fondation. Les sœurs restent convaincues que c’est un lieu sacré, où les pauvres et les nécessiteux venaient chercher de l’aide. Et ils l’ont toujours reçue ici. L’esprit de l’Hôtel-Dieu continue de vivre, et il reste donc une place pour le dévouement et l’ouverture.
