Café · Montréal · ⭐ 9.3/10 · 4437 avis · mis à jour : 2026-08-10 15:33:11
Adresse: 124 R. Saint Viateur Ouest, Montréal, QC H2T 2L1, Canada
Il y a des cafés qu’on décrit par tout ce qu’ils ont ajouté au fil des ans. Celui-là se décrit par tout ce qu’il a refusé de changer. Café Olimpico a ouvert dans le Mile End en 1970, à une époque où le quartier était encore une porte d’entrée pour les familles italiennes, grecques et portugaises, et où presque personne à Montréal ne savait ce qu’était un cappuccino. Autour, tout a basculé: les ateliers sont devenus des studios de jeu vidéo, les logements ouvriers se sont mis à coûter cher, la clientèle a changé trois fois de génération. La salle, elle, est restée exactement ce qu’elle était: un bar à espresso italien, comptoir de marbre, drapeaux au plafond, voix fortes.
Les atouts
- Ouvert en 1970 par Rocco Furfaro, un immigrant italien du quartier qui venait de vendre sa petite pizzeria. Il voulait un endroit où regarder le soccer européen: il a acheté une machine à café, une antenne satellite et une table de billard, et le reste a suivi.
- Toujours dans la famille, trois générations plus tard. Le café est passé de Rocco à ses deux filles, Rossana et Victoria, et le petit-fils Jonathan Vanelli, entré au comptoir adolescent, pilote aujourd’hui le développement de la marque.
- Un mélange maison dont la recette n’est jamais sortie de la famille: un assemblage italien à torréfaction lente, 70 % d’arabica et 30 % de robusta, inchangé depuis 1970 et tiré sur une Cimbali. C’est un secret revendiqué, pas un argument de vente inventé après coup.
- Le décor n’a pratiquement pas bougé. Comptoir de marbre, fanions de clubs italiens, bannière du Canadien, téléviseurs allumés: la salle a traversé un demi-siècle sans jamais se refaire une beauté.
- La terrasse double la capacité dès que la belle saison arrive, et c’est probablement le meilleur poste d’observation du Mile End.
- Ouvert sept jours sur sept, du petit matin jusque tard le soir: la même salle sert de premier café à ceux qui commencent tôt et de dernier espresso à ceux qui sortent de table.
Ce qu’il y a dans la tasse
Il faut placer l’Olimpico dans la bonne école avant de le juger. Ce n’est pas un café de troisième vague et ça n’a jamais prétendu l’être: c’est un bar à espresso italien, avec tout ce que ça implique. Le mélange est construit pour le lait, pas pour la dégustation à l’aveugle. Le cappuccino arrive en tasse tulipe, le latte dans un verre haut, et il n’y a pas de déclinaison en trois formats parce que la question ne se pose pas. Vous ne trouverez pas de filtre en V60, pas de carte de lots rotatifs, pas de fiche de dégustation sur le comptoir. Demander une méthode douce ici, c’est demander du vin nature dans une taverne: on vous répondra gentiment, mais vous serez à la mauvaise adresse.
Le mélange maison est le cœur de l’affaire. La famille le décrit comme un assemblage italien à torréfaction lente, 70 % d’arabica et 30 % de robusta — et c’est justement cette part de robusta, que la troisième vague a bannie de la tasse, qui donne à la maison sa crema épaisse et sa note de cacao. Sur tout le reste, la famille refuse depuis un demi-siècle d’en dire davantage. Où exactement il est torréfié n’est pas rendu public non plus, et il faut le noter honnêtement: l’Olimpico vend son café en grains et en capsules, mais ne communique pas sur une torréfaction maison. Ce silence fait partie du personnage. Ce qui est vérifiable, en revanche, c’est la constance: des clients qui poussent la porte depuis les années 1970 boivent aujourd’hui la même chose qu’à l’époque.
La signature estivale de la maison, c’est le café glacé fouetté, préparé selon la recette de Rocco lui-même — la famille le raconte sans détour, c’est la recette du père, faite à l’ancienne. Les crèmes glacées et les sorbets complètent le tableau quand il fait chaud. Et la machine mérite un coup d’œil: une Cimbali, une des plus belles pièces d’orfèvrerie que l’Italie exporte, installée bien en vue sur le marbre.
Qui est derrière
Rocco Furfaro est arrivé d’Italie et a travaillé comme travaillaient les immigrants de sa génération. Il a d’abord tenu une petite pizzeria dans le Mile End, puis l’a vendue pour ouvrir autre chose. Amateur de sport jusqu’à l’obsession, il cherchait surtout un endroit où suivre les matchs de l’Azzurri: à Montréal, en 1970, ce type de café n’existait à peu près pas. L’antenne satellite et le billard ont fait le reste, et le lieu est rapidement devenu le point de ralliement du quartier — d’abord pour les hommes, puisque les femmes ne se sont vraiment mises à fréquenter la salle qu’à partir des années 1990.
Après sa mort, l’entreprise est passée à ses deux filles, Rossana et Victoria, nées dans le quartier et élevées en partie derrière ce comptoir. Jonathan Vanelli, petit-fils de Rocco, a commencé à y travailler à quinze ans et supervise aujourd’hui l’expansion, amorcée au milieu des années 2010. La famille tient un discours constant sur le prix: elle répète publiquement qu’elle refuse de transformer un café au lait en produit de luxe, et que rester abordable fait partie de l’héritage. Dans un quartier où le mètre carré a explosé, c’est une position, pas une coquetterie.
Pour quel scénario
C’est ici qu’il faut être franc, parce que beaucoup de gens arrivent avec les mauvaises attentes. L’Olimpico n’est pas un café de travail. Il y a bien un réseau sans fil, mais les prises de courant sont rarissimes, les tables sont petites et partagées, et le niveau sonore est celui d’un vestiaire un soir de finale: le personnel s’interpelle, chante, rit, les téléviseurs tournent. Ouvrir un portable pour une demi-heure passe; y installer une journée de télétravail est une mauvaise idée pour vous comme pour la salle.
En revanche, pour tout le reste, c’est difficile à battre. Pour parler, c’est un lieu idéal, justement parce que le bruit ambiant vous couvre: personne n’entend votre conversation. Pour un espresso debout, c’est le geste le plus naturel du monde — on commande au comptoir, on boit, on repart, exactement comme dans un bar italien. Pour emporter, ça fonctionne très bien, et le quartier autour se marche agréablement. Pour venir seul, le comptoir sauve la mise: on n’y reste jamais vraiment seul très longtemps. Et pour un soir de grand match, la salle devient un stade — à vous de savoir si c’est ce que vous cherchez.
L’espace et l’ambiance
Bois foncé, long comptoir de marbre sur un mur, banquettes rembourrées en face, petites tables de bois entre les deux, une table ronde carrelée près du foyer. Dehors, des bancs et la terrasse, qui change complètement la dynamique du lieu dès les premiers jours doux. Aux murs et au plafond: les fanions des clubs italiens, la bannière du Canadien, et, pendant les grandes compétitions, des drapeaux de tous les pays représentés dans le quartier.
L’ambiance est chaleureuse et bruyante, dans cet ordre. La musique oscille entre classiques des années 1980 et vieux rock. La clientèle est franchement multigénérationnelle: des habitués qui viennent depuis l’ouverture croisent des étudiants, des touristes venus voir «le» café du Mile End et des familles du quartier. Le service est théâtral au sens propre — on regarde travailler l’équipe comme on regarde un numéro — mais les visages connus sont traités comme de la parenté. La salle intérieure reste compacte; c’est la terrasse qui fait respirer l’ensemble.
À côté du café
Sur ce point, la réponse est simple et binaire: il n’y a pas de cuisine. L’Olimpico est un bar à café, pas un brunch. Ce qu’on trouve, ce sont des viennoiseries et des biscuits secs posés sur le comptoir, du sucré italien classique, et de la glace en saison chaude. Rien n’est cuisiné sur place au sens d’un menu; l’offre solide est un accompagnement, assumé comme tel. Avant les Fêtes, le panettone artisanal fait son apparition et l’adresse revient régulièrement dans les palmarès montréalais consacrés à cette spécialité. Si vous cherchez des œufs et une assiette, il faut sortir et traverser le quartier — ce qui, dans le Mile End, ne demande pas beaucoup d’efforts.
Quand y aller
Le café ouvre très tôt, bien avant le début d’une journée de bureau, et ferme tard le soir, ce qui est rare pour une adresse de ce type: la même salle sert de premier café aux travailleurs du matin et de dernier espresso aux gens qui sortent de table. Le milieu de matinée en semaine est le moment le plus calme et le plus proche de ce qu’était le lieu à l’origine. Les fins de semaine en milieu de journée, il y a foule et souvent une file, surtout quand la terrasse est ouverte. Les soirs de match européen, la salle se remplit d’une autre clientèle et le volume monte d’un cran. Et il n’y a pas de jour de relâche à guetter: la maison ouvre sept jours sur sept.
Comment s’y rendre
On est dans le Mile End, au nord-ouest du Plateau, à quelques pas de deux des bagelleries les plus célèbres du pays — c’est le repère le plus fiable du secteur. Les stations de métro les plus proches sont Laurier sur la ligne orange et Outremont sur la ligne bleue: comptez une bonne marche depuis l’une comme depuis l’autre, ce qui est normal ici, le quartier n’ayant jamais été bien desservi par le souterrain. Plusieurs lignes d’autobus passent à proximité et le secteur est très cyclable, avec des supports à vélo partout. En voiture, c’est une autre histoire: le stationnement sur rue est un sport de compétition, et les vignettes de résidents couvrent une grande partie du quadrilatère.
Bon à savoir
Quelques points pratiques qui évitent les mauvaises surprises. La maison a longtemps été célèbre pour n’accepter que l’argent comptant; des visiteurs récents rapportent que le paiement par carte est désormais possible, mais l’habitude locale reste d’arriver avec du liquide. Il n’y a pas de service aux tables: on commande et on paie au comptoir. On ne réserve pas. Les prises de courant sont pratiquement inexistantes et il ne faut pas compter sur une longue séance de travail. La terrasse est saisonnière. Enfin, le point le plus utile: la famille exploite aujourd’hui quatre adresses à Montréal, et elles ne se ressemblent pas. Celle-ci est l’originale, et c’est la seule qui a cinquante ans d’histoire dans les murs.
Questions et réponses
Est-ce le même Olimpico que celui du Vieux-Montréal et du centre-ville?
Oui, même famille et même mélange, mais pas le même café. Celle du Mile End est l’adresse d’origine de 1970; les autres sont des ouvertures beaucoup plus récentes, plus petites et plus contemporaines. Si vous venez pour l’histoire, c’est ici qu’il faut venir.
Peut-on y travailler avec un portable?
Pour une demi-heure, oui. Pour une journée, non. Il y a un réseau sans fil, mais très peu de prises, des tables petites et partagées, et un niveau sonore élevé en permanence. Le lieu est conçu pour la conversation, pas pour la concentration.
Torréfient-ils leur propre café?
La famille ne le dit pas. Ce qui est public, c’est que le mélange est une recette maison gardée secrète, un assemblage italien à torréfaction lente d’arabica et de robusta inchangé depuis 1970, et que le café est vendu en grains et en capsules à emporter. Aucune torréfaction sur place n’est annoncée, et nous préférons ne pas l’inventer.
Y a-t-il du filtre ou des méthodes douces?
Non. C’est un bar à espresso italien: espresso, allongé, cappuccino, latte, et les versions glacées en été. Pas de V60, pas de lot unique du mois.
La terrasse vaut-elle le détour?
C’est l’un des arguments majeurs de l’adresse. Elle double la capacité de la maison et donne sur l’une des artères les plus animées du Mile End; en été, c’est là que tout le monde veut s’asseoir.
Faut-il prévoir de l’argent comptant?
C’est plus prudent. L’endroit a bâti une partie de sa réputation sur le comptant seulement, et même si la carte semble acceptée depuis quelques années, personne n’a envie de découvrir le contraire une fois la commande passée.
Est-ce que ça convient à un groupe ou à une famille?
Oui, à condition d’accepter le bruit et le partage de tables. On ne réserve pas, on trouve de la place ou on attend, et en été la terrasse absorbe les grandes tablées beaucoup mieux que la salle.
Y mange-t-on?
Pas au sens d’un repas. Viennoiseries, sucré italien et glaces en saison; aucune cuisine. Pour un vrai déjeuner ou un dîner, il faut marcher un peu dans le quartier.
Vaut-il mieux éviter les soirs de match?
Tout dépend de ce que vous cherchez. Un soir de grande compétition, la salle est bruyante, pleine et euphorique: c’est l’expérience la plus authentique qu’on puisse y vivre, et la moins reposante.
Horaires
| Jour | Heures |
|---|---|
| lundi | 06:00–00:00 |
| mardi | 06:00–00:00 |
| mercredi | 06:00–00:00 |
| jeudi | 06:00–00:00 |
| vendredi | 06:00–00:00 |
| samedi | 06:00–00:00 |
| dimanche | 06:00–00:00 |
Photos





Avis des visiteurs
Dernière mise à jour des avis : 2026-08-10 15:33:11
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